Juppé et Tchernobyl

De : Tchernoblaye
À : M JUPPÉ le.maire@mairie-bordeaux.fr
Envoyé : jeudi 28 février 2002 12:37

Objet : NUAGE DE TCHERNOBYL SUR LA FRANCE

Collectif TchernoBlaye
C/° cinéma Utopia
5 pl C. Jullian 33000 Bordeaux
asso-tchernoblaye@altern.org
www.tchernoblaye.org

à M. Juppé
Député-maire de Bordeaux
Porte-parole du gouvernement en mai 1986

OBJET : nuage de Tchernobyl en France

Monsieur,

Vous étiez porte-parole du gouvernement au moment du passage du nuage de Tchernobyl sur la France, en mai 1986. Le laboratoire indépendant CRII-Rad publie ces jours-ci des documents laissant à penser que les mesures nécessaires n'ont pas été prises à l'époque.

Aussi, nous vous serions reconnaissant de bien vouloir nous donner quelques indications et, en particulier, nous souhaiterions connaître votre action en tant que porte-parole du gouvernement :

Etiez-vous tenu à l'écart des informations ou bien étiez-vous au courant de la gravité de la situation ?

Avez-vous participé à la (non)-prise de décisions ?

Comment a été décidée la (non)-information des citoyens ?

Par ailleurs, le 26 avril 2002, triste anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, nous organisons une soirée film-débat au cinéma Utopia autour du film "Autopsie d'un nuage", en présence d'un représentant de la CRII-Rad. Nous vous invitons à participer au débat du 26 avril 2002 afin de préciser l'action du gouvernement et sa communication en direction des citoyens au moment du passage du nuage de Tchernobyl sur la France.

Comptant sur votre réponse, nous vous prions de croire, Monsieur, à notre attachement à la transparence et à l'information des citoyens.

Le Collectif TchernoBlaye


Le Monde (25 février 2002) : Tchernobyl :
la contamination était connue et cachée

L'État français possédait des chiffres sur la contamination liée à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl qu'il n'a jamais diffusés, a révélé, mardi 26 février la Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité (Criirad).


26 fév 2002 (AFP) - La CRIIRAD affirme avoir des "preuves" que l'Etat a menti après la catastrophe

Plus de 15 ans après la catastrophe, la Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité affirme avoir des "preuves" que l'État a menti sur la contamination en France après l'explosion d'un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) en avril 1986.

"L'État français a menti et n'a pas respecté la réglementation relative à la protection contre les rayonnements ionisants", a déclaré la directrice de la CRIIRAD, Corinne Castanier, citant un document selon elle saisi par la justice.

Elle a en outre présenté mardi à la presse, au siège de l'association, un atlas des mesures de la contamination actuelle des sols en Europe. Elle a ajouté que cette publication serait remise au juge d'instruction chargé des 200 plaintes pour "coups et blessures involontaires", déposées depuis mars 2001 par des malades de la thyroïde. La CRIIRAD est partie civile dans ce dossier.

"C'est pourquoi nous avons le droit d'aller en justice pour établir les responsabilités", a-t-elle ajouté. "L'État possédait en 1986 des chiffres sur la contamination qu'il n'a jamais diffusés", a affirmé Mme Castanier, déclarant s'appuyer sur des notes prises par un haut fonctionnaire au cours d'une réunion en mai 1986 au ministère de l'Intérieur et de la décentralisation. Dans ce document, selon Mme Castanier, figure la mention d'une contamination du lait de brebis jusqu'à plus de 10.000 bq/litre par l'iode 131, élément déclencheur des cancers de la thyroïde, avec le commentaire: "nous avons des chiffres qui ne peuvent être diffusés".

La réglementation européenne préconisait de retirer du marché tout produit alimentaire contenant plus de 500 bq/l. Selon la CRIIRAD, ce document a été saisi lors de perquisitions menées à la demande de la juge d'instruction chargée du dossier des malades de la thyroïde.

L'atlas des contaminations radioactives des sols en France et en Europe en césium 137, dont la quantité a diminué de 30% en 15 ans, compilé par la CRIIRAD d'après ses propres mesures, montre que les pics de pollution ont parfois été aussi forts à 2.000 kilomètres de la centrale que dans le reste de l'Ukraine.

Une quantité de 39.300 bq/m2 a ainsi été relevée à Sisteron, dans la région sud-est de la France la plus touchée.

L'auteur des mesures, un géologue indépendant, André Paris a réalisé, entre 1999 et 2001, à l'aide d'un unique appareil enregistrant le rayonnement gamma en césium 137, le spectromètre. Il a effectué 3.200 mesures.

Responsable des maladies thyroïdiennes, l'iode 131, était cinq à dix fois plus présent dans l'atmosphère que le césium au moment du passage du nuage radioactif, mais a disparu en l'espace de quelques semaines.

Selon le responsable du laboratoire de la CRIIRAD, Bruno Charreyron, le césium 137 peut avoir des effets "non négligeables" sur la santé de certains agriculteurs ou forestiers des zones les plus touchées, ou les populations dont l'alimentation est à base de gibier ou de champignons. En 1997, certains champignons dépassaient la dose de 600 bq/kg, 100 bq de plus que la norme sanitaire.

TchernoBlaye